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West Side Story film américain de Jerome Robbins et Robert Wise, sorti en 1961.

Distribution:

  • Natalie Wood : Maria
  • Marni Nixon : Maria (voix chantée) Richard Beymer : Tony
  • Jimmy Bryant : Tony (voix chantée)
  • Russ Tamblyn : Riff
  • Rita Moreno : Anita
  • Betty Wand : Anita (voix chantée)
  • George Chakiris : Bernardo
  • Suzie Kaye : Rosalia

Fiche technique:

  • Titre original : West Side Story
  • Réalisation : Robert Wise et Jerome Robbins (séquences dansées)
  • Scénario : Ernest Lehman d'après la comédie musicale d'Arthur Laurents, Stephen Sondheim et Leonard Bernstein, elle-même inspirée de la pièce Roméo et Juliette de Shakespeare
  • Lyrics : Stephen Sondheim
  • Musique : Leonard Bernstein
  • Chorégraphie : Jerome Robbins
  • Photographie : Daniel L. Fappani
  • Montage : Thomas Stanford
  • Production : Robert Wise
  • Sociétés de production : The Mirisch Corporation, Seven Arts Productions et Beta Productions
  • Durée : 152 minutes (2 h 32)
  • Dates de sortie : 18 octobre 1961
    • France : 2 mars 1962

L'action se passe à Manhattan, dans l’Upper West Side, à la fin des années 50. Deux bandes de jeunes rivales se disputent le contrôle du quartier. D’un côté, les Jets, issus de familles irlandaises, italiennes et polonaises. De l’autres, les Sharks, venus de Porto Rico. Les affrontements sont fréquents. Riff, le chef des Jets, décide de défier publiquement Bernardo, le leader Shark, au cours d’un bal. Il appelle en renfort son ami Tony, co-fondateur de la bande, mais qui a depuis pris ses distances. Réticent, il se joint néanmoins à ses amis. Au cours de la soirée, il rencontre Maria, la sœur de Bernardo. Le coup de foudre réciproque est immédiat. Mais l’amour de deux membres de familles rivales est voué à la tragédie.

origine de West Side Story remonte à 1947. L’un des amis de Jerome Robbins prépare le rôle de Roméo pour un cours d’art dramatique. Au cours d’une conversation, il s’interroge sur les façons possibles de moderniser la pièce de Shakespeare. Le chorégraphe se souviendra de ces propos lorsqu’il commencera, deux ans plus tard, à travailler sur un nouveau projet avec Leonard Bernstein, son partenaire sur la version scénique de Un Jour à New York. Le projet est repris en 1955 ; à cette époque, Manhattan voit accroître sa population portoricaine de façon considérable. C’est donc naturellement que les deux hommes, rejoints par le parolier Stephen Sondheim, replacent leur pièce dans ce contexte et le rebaptisent West Side Story.

West Side Story est la première comédie musicale transposée de la scène à l’écran dans son intégralité, seules quelques très légères modifications ayant été effectuées. Les décors, très stylisés sur scène, sont modifiés de façon à les rendre plus réalistes. Il s’agit d’ailleurs de l’un des points forts du film ; seule la première séquence a été tournée en extérieurs, tout le reste du film l’ayant été en studio ; et leur aspect hyperréaliste n’empêche nullement la théâtralité, la ville devenant un élément essentiel de l’action, depuis les balançoires servant aux chorégraphies jusqu’au morceau ‘Cool’, uniquement éclairé par les phares des voitures dans le parking.

C’est la première comédie musicale à aborder de front des sujets tels que la violence urbaine et le racisme, quittant les univers rose bonbon pour entrer de plein pied dans la réalité sociale. Et la critique n’est pas tendre, depuis le policier ouvertement raciste proposant aux Jets de les couvrir, jusqu’à la tentative de viol sur Anita illustrée par la reprise du thème ‘America’. Durant le tournage, les divergences furent nombreuses entre Robert Wise et Jerome Robbins, conduisant la production à écarter ce dernier, en partie à cause d’un perfectionnisme trop coûteux. Mais Wise n’hésita pas à le rappeler au moment du montage, et à partager avec lui le succès du film.

On peut parler d’alchimie pour expliquer l’extraordinaire résultat final : alchimie entre les chorégraphies aériennes millimétrées de Robbins et la science du cadrage de Wise. Après l’ouverture orchestrale reprenant les airs que le public connaît par cœur, Wise démarre son film de façon purement cinématographique, démontrant ainsi l’autonomie de son œuvre, qui n’est pas qu’une simple captation de la pièce : une lente progression, qui depuis une vue globale de Manhattan survole la ville, et va finir par isoler un groupe de Jets sur le terrain de jeu. Wise fait clairement œuvre de cinéaste, en montrant ce que la scène ne pouvait qu’évoquer. Ses talents de monteur font également merveille durant la séquence ‘Tonight’, montage parallèle de cinq actions où les mélodies et les images s’entremêlent sans jamais créer la cacophonie.

La parfaite maîtrise de l’orchestration classique de Bernstein et son goût pour la musique populaire associés à l’influence du jazz et de la musique latino-américaine, donnent un ensemble absolument unique. Il est impossible d’oublier la beauté simple de ‘Maria’, la folie douce de ‘Gee, Officer Krupke’, la tension physique de ‘Cool’, autant de pièces fabuleuses qui culminent dans un ‘Somewhere’ a cappella qui ne peut que nous arracher des larmes.

Le film récolte 10 Oscars en 1962 : Meilleur film : Robert Wise, producteur ; Meilleur réalisateur : Jerome Robbins et Robert Wise ; Meilleur acteur dans un second rôle : George Chakiris ; Meilleure actrice dans un second rôle : Rita Moreno ; Meilleure direction artistique (couleurs) ; Meilleure création de costumes (couleurs) ; Meilleure photographie (couleurs) ; Meilleur son ; Meilleur montage ; Meilleure musique de film pour un film musical

Le succès de West Side Story ne s’est jamais démenti depuis sa sortie. Constamment redécouvert par de nouvelles générations de cinéphiles, il séduit même ceux d’ordinaire réfractaires à la comédie musicale, par la force de son histoire éternelle et la beauté de sa musique et de ses chorégraphies, qui jamais ne s’étiolent au fil des visionnages.

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