Les pages de Ciné-Passion . . .

Ces pages sont rédigées par et pour des passionnés du cinéma.
Pour nous joindre, déposer vos questions ou remarques: Ciné-Passion

Gentleman Jim, film américain de Raoul Walsh, sorti en 1942

Distribution:

  • Errol Flynn : James J. Corbett
  • Alexis Smith : Victoria Ware
  • Jack Carson : Walter Lowrie
  • Alan Hale : Pat Corbett
  • John Loder : Carlton De Witt
  • William Frawley : Billy Delaney
  • Minor Watson : Buck Ware
  • Ward Bond : John L. Sullivan
  • Madeleine Lebeau : Anna Held
  • Rhys Williams : Harry Watson
  • Arthur Shields : Père Burke
  • Dorothy Vaughan : Ma Corbett

Fiche technique:

  • Titre original : Gentleman Jim
  • Réalisation : Raoul Walsh
  • Scénario : Vincent Lawrence, Horace McCoy d'après la vie de James J. Corbett
  • Images : Sid Hickox
  • Dialogue : Hugh Cummings
  • Montage : Don Siegel
  • Direction artistique : Ted Smith
  • Durée : 105 minutes
  • Date de sortie : 14 novembre 1942 (États-Unis)
    • 9 juin 1948 (France)

Jim Corbett, américain d'origine irlandaise, veut s'élever dans la société. Ses moyens : devenir champion du monde de boxe, conquérir la fille de son patron, banquier respectable de la nouvelle bourgeoisie de San Francisco et être un grand acteur shakespearien. Cela paraît trop, mais son optimisme, la croyance en ses moyens ainsi que son talent le feront triompher de tout. Suprême victoire : il aura appris la modestie, ce qui lui ouvrira le cœur d'Alexis Smithn voir la scène où Sullivan, le champion sortant et battu, lui remet sa ceinture. Corbett, devenu humble, lui rendra le plus beau des hommages.

Le héros est aimé secrètement par la femme qu'il convoite. Mais cette dernière n'aura de cesse, tout au long du film, de le mettre à l'épreuve. Et c'est seulement à la fin, après que le héros a triomphé de tous ses adversaires, et surtout qu'il lui a prouvé que sous son allure orgueilleuse et effrontée, il est un homme loyal, qu'elle décide de lui succomber. C'est donc elle qui choisit. Aussitôt cette révélation faite, il l'intègre instantanément dans son clan familial : « tu feras une excellente Corbett », lui dit-il. Cette rapidité, ce brusque changement de ton et cette volonté de ne faire durer trop longtemps une scène émouvante est caractéristique du style de Walsh : « les éléments mélodramatiques lui pèsent, mais il se montre souvent sensible à des nuances tragiques ».

La mise en scène de Walsh est précise et rigoureuse. Cette manière de faire, laisse constamment ouverte et en mouvement la lecture de l'oeuvre (" les classiques sont modernes à jamais ", Italo Calvino). Otto Preminger définit l'art de la mise en scène ainsi: "je crois que le film idéal est celui où l’on ne remarque pas le metteur en scène, où l’on est jamais conscient que le metteur en scène ait fait quoi que ce soit délibérément, mais naturellement, il doit tout faire de manière délibérée". Walsh cherche constamment la meilleure adéquation possible entre le fond et la forme. Ainsi le classique est l'inverse du figé: il possède un mouvement, un rythme qui lui est propre Gentleman Jim est un film rapide, pour Walsh il faut que "l'action crépite comme de la mitraille sur un toit". Mais cette rapidité n'est jamais confondue avec de la précipitation et elle a toujours un sens logique: "action, action, action, que l’écran soit sans cesse rempli d’événements. Des choses logiques dans une séquence logique " (Walsh).

Concernant le montage, les réalisateurs n'en ont pas la maîtrise à Hollywood en raison de la séparation des tâches. Pour pallier ce désavantage, Walsh tournait vite, faisait le moins de prises possibles pour limiter l'intervention du monteur. Cette contrainte, Walsh la transforme ainsi en avantage : le tournage était donc un lieu d'intense concentration où la minutieuse préparation devait aboutir à un résultat immédiatement bon. Il fallait donc un certain talent d'improvisation des acteurs (Flynn excellait dans ce registre) et une capacité du réalisateur à prendre très rapidement des décisions.

Gentleman Jim figure parmi les films les plus résolument optimistes de l'hitoire du cinéma. Les films de boxe ont donné plusieurs chefs d'œuvres (boxe et cinéma font bon ménage), citons les plus importants: Nous avons gagné ce soir (The Set-Up) de Robert Wise, un des films les plus maîtrisés de l'histoire du cinéma, Body and Soul (de Robert Rossen, excellent montage de R. Parrish), Fat City (de John Huston ) et Ragging Bull (un des meilleurs films de Martin Scorsese, avec une fin tragique et sordide).

Ciné-Passion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Sommaire