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Frida , film américain de Julie Taymor, sorti en 2002

Distribution:

  • Salma Hayek : Frida Kahlo
  • Alfred Molina : Diego Rivera
  • Geoffrey Rush : Trotski
  • Ashley Judd : Tina Modotti
  • Mia Maestro : Cristina Kahlo
  • Roger Rees : Guillermo Kahlo
  • Edward Norton : Nelson Rockefeller
  • Valeria Golino : Lupe Marín
  • Antonio Banderas : David Siqueiros
  • Amelia Zapata : Servante
  • Alejandro Usigli : Professeur
  • Diego Luna : Alejandro Gonzalez Arias

Fiche technique:

  • Titre original : Frida
  • Réalisation : Julie Taymor
  • Scénario : Rodrigo Garcia et Edward Norton
  • Production : Salma Hayek
  • Photographie : Rodrigo Prieto
  • Musique : Elliot Goldenthal
  • Durée 123 minutes
  • Dates de sortie : 17 octobre 2002 (USA)
    • 16 avril 2003 (France)

La vie et oeuvre de Frida Kahlo, compagne de Diego Rivera et peintre mexicaine de renom, femme de toutes les révolutions: artistique, politique et sexuelle. Ce film a fait l'ouverture de la Mostra de Venise 2002 et vaut, pour son interprétation de Frida à Salma Hayek, une nomination à l'oscar de la meilleure actrice. Le film est largement inspiré de la biographie de Hayden Herrera, "Frida", publié en 1983

En 1922, à Mexico, la jeune Frida Kahlo est victime d'un violent accident d'autobus : sa colonne vertébrale est gravement touchée. Elle a dix-huit ans... Durant sa longue convalescence, elle s'initie à la peinture. A peine remise, elle se rend chez le célèbre peintre mexicain Diego Rivera pour lui présenter ses premiers travaux. Diego est grand séducteur et il tombe immédiatement sous le charme de cette jeune femme si belle et surtout si impétueuse. Il discerne dans ses peintures un talent qui ne demande qu'à s'épanouir. Sans attendre, il décide de l'épouser. A eux deux, ils révolutionnent la peinture de leur temps et sont vite reconnus à travers le monde. Malgré leurs styles si différents, ils partagent les même idéaux politiques et militent activement, ce qui les amène d'ailleurs à héberger Léon Trotsky, exilé au Mexique, avec qui Frida aura une relation. Séparée de Diego qui l'a trompé avec sa propre sœur, elle multiplie les aventures amoureuses, affichant franchement sa bisexualité, ce qui fait évidemment scandale. Elle divorce puis se remarie avec Diego avec qui elle passera le reste de sa vie.

La performance, pour Julie Taymor est de concentrer la bouillonnante existence de Frida en un film, en évitant si possible l'illustratif et l'académisme, deux des dangers qui guettent le biopic. Malgré une certaine linéarité qui prive le film d'un peu de surprise, et peut-être d'un soupçon de souffle, on peut dire que le pari est réussi. Julie Taymor fait preuve d'un sens visuel admirable, il a compris que l'existence de Frida Kahlo était celle d'un "tout-art", où toute parcelle de vie ou de mort est une oeuvre d'art à part entière. La peinture de Kahlo imprègne ainsi tout le film.

Comme une adaptation littéraire aura recours à la voix-off pour faire part des émotions des personnages, la peinture est ici la voix de Frida, l'expression de ses sentiments intérieurs, la matérialisation de son bouillonnement émotionnel. La peintre a toujours entretenu un lien étroit entre sa vie intime et son oeuvre; ainsi, Taymor se réapproprie ses plus grands tableaux ( La Colonne brisée, Naissance, Les Deux Fridas, Le Suicide de Dorothy Hale etc...) comme autant de témoins vivants de ce qu'est Frida dans son rapport à un corps meurtri, à la dualité qui l'obsède, à la mort qui l'accompagne.

La Frida qui se découvre artiste, c'est une Frida qui renaît: instant clef de l'existence de Kahlo, l'accident de tramway qu'elle subit, et qu'elle mettra souvent en scène dans ses peintures, devient la pierre angulaire de la naissance d'une nouvelle entité. Baignée d'or et de sang, la vision d'une jeune Frida à demi-morte fait partie des stupéfiantes fulgurances visuelles d'un film qui en comporte quelques-unes. La symbolique existentielle est ainsi posée: la vie de Kahlo sera faite d'or et de sang, de peinture et de souffrance. C'est une nouvelle existence qui débute par le réveil hébété, l'emprisonnement dans un corset orné de papillons avant la libération, puis l'apprentissage le plus élémentaire avec une Frida qui, en s'éveillant à la peinture, réapprend à marcher.

Au-delà du destin unique de son héroïne, le film répond esthétiquement à ce qui constitue le courant pictural auquel appartient l'artiste, à savoir un Mexique très coloré, magnifiquement rendu par le travail de Rodrigo Prieto. Le voyage-collage en noir et blanc qui illustre le périple aux USA est là encore un hommage visuellement splendide à une facette de l'œuvre plurielle de la peintre, Frida puisant graphiquement toute son esthétique dans l'essence de l'œuvre de l'artiste.

Frida est incarnée avec conviction par Salma Hayek, qui trouve-là son plus grand rôle (après "Mystères de l'Ouest", "Traffic" et le plus étonnant "Dogma" ), le film repose sur ses épaules et c'est sans surprise qu'elle se retrouve nommée pour les Oscars américains (meilleure actrice) en mars 2003, devenant ainsi le première mexicaine a briguer la plus grande des récompenses pour une actrice de cinéma.

"Frida et moi avons les mêmes traits, la même bouche. Bien sûr on m'a posé de faux sourcils, du poil, de la moustache que l'on a rasées avec un effet lustré, ses yeux étaient plus grands, son nez différent mais tout de même la similitude est effrayante non ?"
Salma Hayek

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